10 propositions pour l’avenir de la Biologie Médicale !
Alors que se termine une campagne électorale pauvre en véritables propositions pour la pérennisation d’un exercice médical de proximité, et à l’aune des multiples péripéties du feuilleton de la réforme de la biologie médicale, le SJBM – syndicat représentatif de l’ensemble des jeunes praticiens en biologie médicale – interpelle le prochain Président de la République en lui soumettant 10 propositions simples permettant le maintien du caractère médical de notre spécialité, dans l’intérêt supérieur de nos patients.
Ces 10 propositions sont les suivantes :
1. Interdiction des ristournes sur les actes médicaux de biologie, notamment avec les organismes complémentaires d’assurance maladie.
2. Détention de la majorité du capital des laboratoires privés de biologie médicale (LBM) par les biologistes médicaux exerçants dans la structure et non par des structures financières ; ceci pour le respect de l’indépendance des professionnels de santé (5-1 législatif avec clause de grand-père obligatoirement associée à une clause de préemption dans la limite de 50% du capital).
3. Prise en compte de la prestation de conseil et de la phase post-analytique (notamment l’interprétation contextuelle) dans la rémunération de l’acte de biologie médicale, à l’image de la reconnaissance accordée aux Pharmaciens d’officine. Arrêt immédiat des baisses excessives et unilatérales de la tarification de la nomenclature des actes de biologie médicale (NABM). Création d’une commission d’enquête et d’évaluation des conséquences sociales et économiques de ces 6 baisses successives (soit plus de 25% de baisses cumulées sur 6 ans, ce qu’aucune profession n’a jamais subi).
4. Ré autorisation de réalisation et cotation des consultations médicales dans les spécialités où le biologiste médical est considéré comme le médecin expert.
5. Nomination uniquement des titulaires du DES de biologie médicale ou de praticiens médicaux issus d’un autre DES ayant prouvé leur compétence par l’obtention de la qualification ordinale en biologie médicale, dans les hôpitaux, à l’image de ce qui se fait dans l’ensemble des autres professions médicales. Les patients ont le droit d’être soignés par des professionnels qualifiés, ou au minimum d’être informés de leur prise en charge par un praticien n’ayant pas pu prouver sa compétence en biologie médicale par l’obtention de la qualification ordinale. Les CHU - lieux théoriques de l’excellence - ne peuvent se soustraire à leur obligation de prodiguer des soins médicaux de qualité et ne peuvent engendrer une rupture d’égalité devant la loi dans la prise en charge de nos patients par la mise en place « officialisée » de nominations de complaisance dans notre spécialité médicale, telles qu’elles ont lieu actuellement dans le plus grand secret.
6. Mise en place de dispositifs facilitant la transmission des laboratoires aux jeunes biologistes (clause d’association et SPFPL) et garantissant la pérennisation de la profession.
7. Protection de l’indépendance des infirmières diplômées d’état vis-à-vis de l’avidité des investisseurs spéculatifs en interdisant toutes participations croisées directes et indirectes entre leurs cabinets et les LBM.
8. Protection du libre choix du laboratoire de biologie médicale par le patient et de l’interdiction de compérage médical, notamment par interdiction de toutes ristournes accordées aux infirmières par des laboratoires de biologie médicale « financiers » contre la remise des examens de biologie médicale.
9. Garantie de la qualité des analyses en harmonisant l’application des normes d’accréditation en ville, à l’hôpital, et pour la partie préanalytique, dans les cabinets d’infirmières effectuant le prélèvement d’un examen de biologie médicale.
10. Assouplissement, notamment lors de la création d’un LBM, de la mise en place de la norme d’accréditation ISO 15189 après évaluation et mise en place d’un rapport Parlementaire sur les conséquences économiques et sanitaires de la procédure d’accréditation, notamment sur le risque de destruction du maillage territorial par concentration des sites analytiques et fermeture ou « démédicalisation » des sites de proximité, ayant pour corolaire l’altération de la prise en charge médicale, notamment en termes de délai et de service rendu. Adaptation des exigences d’accréditation en fonction du principe de réalité.
Alors que nous assistons en France à la disparition des laboratoires de proximité où la qualité primait sur le profit, toute la jeune génération de biologistes médicaux se mobilise en faveur de la pérennisation de la profession et d’une biologie éthique exercée par des biologistes médicaux de formation. Il faut rappeler que les examens de biologie médicale participent à 80 % des prises de décision médicales immédiates de nos confrères cliniciens pour seulement 2,5% des dépenses de santé.
Afin de replacer le patient au cœur de notre discipline médicale, nous devrons faire triompher nos valeurs face à la pression conjuguée de nombreux lobbies financiers.
Le SJBM, seul syndicat de biologiste ayant réussi à faire déposer et voter des amendements, s’engage également et parallèlement à son dialogue mené auprès du futur Exécutif, une nouvelle fois à faire déposer des amendements reprenant l’ensemble de ces propositions.
Au nom de l’ensemble des jeunes biologistes médicaux,
Accréditation non obligatoire 5 M euros de CA
Le Cofrac gérera les seconds, on redonnera du boulot aux IASS pour contrôler « strictement » les premiers.
Grrr(Quote) (Reply)